« On se revoit à Montreuil... »C'est ça, oui.
Combien de temps, encore, toutes ces images ? Combien de temps le souvenir de nos joues qui s'entrechoquent, de votre rire ? Combien de temps, encore, votre main qui court sur le papier ?
« On se revoit à Montreuil... »
Doucement, j'ai déchiré mon mouchoir en papier. C'était le dernier. Des flocons blancs qui volent, devant mes yeux.
De la neige. Et je la saisis par poignée, j'essuie mes larmes, encore... Avant de tout laisser tomber. Et qu'ils volent, les flocons. Qu'une tempête se déverse sur moi, sur tout, qu'elle recouvre la terre, et que tout s'arrête.
Le temps et la tristesse.
Le temps et la joie.
Et qu'ils volent, les flocons...
Que les couleurs s'éteignent, que tout meure, que tout cesse, pour que je comprenne enfin.
Qu'une immensité de blanc remplace le monde, et que le silence tombe, tome, tombe, voile pesant qu'un jour, un cri de vie déchirera.